L’Église catholique au Bénin, et plus particulièrement le diocèse de Lokossa, a vécu un moment de grâce intense ce samedi 12 septembre 2026. Sept hommes ont été élevés à la dignité sacerdotale au cours d’une célébration eucharistique solennelle. Entre ferveur populaire, présence de délégations internationales et exhortation profonde de l’ordinaire du lieu, cet événement marque un tournant spirituel pour les nouveaux ouvriers de la moisson, invités à transformer leur sacerdoce en un perpétuel acte d’amour et de service.
Dès les premières heures de la matinée, la cathédrale Saint-Pierre-Claver de Lokossa a vibré au rythme des chants et des prières. Les fidèles ont afflué massivement pour entourer les sept ordinands, créant un décor impressionnant où se sont mêlées des délégations venues des quatre coins du Bénin, mais aussi du Brésil, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Canada, de la Suisse et de la France. Dans une atmosphère marquée par l’émotion, Mgr Coffi Roger ANOUMOU a ouvert la célébration en invitant l’assemblée à ouvrir son cœur à la joie qui vient de Dieu, soulignant le contraste entre cette allégresse spirituelle et les soucis matériels liés à la rentrée scolaire imminente. De nombreuses personnalités ont honoré l’événement de leur présence, à l’instar de Gilberto Barbosa, fondateur de la communauté nouvelle Œuvre de Marie, et de diverses autorités politico-administratives de la région.
Au cœur de cette ferveur ecclésiale, sept hommes se sont avancés pour recevoir le sacrement de l’Ordre. Quatre d’entre eux intègrent le clergé diocésain : l’abbé Jean-Eudes Ayena de la paroisse Sainte-Anne de Bopa, l’abbé Wilfried Azandegbe de la paroisse Saint-Pierre-Claver de Houéyogbé, l’abbé Hubert Fantchao de la paroisse Notre-Dame de l’Espérance de Klouékanmè, et l’abbé Dieudonné Mahouna Sagbo de la paroisse de l’Immaculée Conception d’Azové. À leurs côtés, les abbés Horace Dotou, Bernard Efenji et Ulrich Kouame ont été ordonnés pour la communauté des Œuvres de Marie, également connue sous le nom de Obra de María. Les rites solennels, allant de la prostration à même le sol aux litanies, suivies de l’imposition des mains, ont scellé leur engagement définitif.
L’homélie de l’évêque, dont le texte intégral se retrouve dans le document « Homélie – Ordinations presbytérales 12 Septembre 2026 copie.pdf », a offert une riche méditation sur le sens de cet engagement. Relevant la coïncidence providentielle des dates, le prélat a rappelé que ce 12 septembre célèbre le Saint Nom de Marie, succédant à la Nativité de la Vierge et à la fête de Saint Pierre Claver. S’adressant directement aux nouveaux prêtres, il a dévoilé une anagramme pleine de sens : les cinq lettres du prénom Marie se réorganisent pour former le verbe aimer. Le message pastoral adressé à cette nouvelle promotion est limpide : « Vous avez été aimés de Dieu, et vous serez ordonnés pour AIMER ! ».
Cet appel à l’amour inconditionnel se heurte souvent à la fragilité de la condition humaine. S’appuyant sur les textes liturgiques, notamment l’épître aux Hébreux et la deuxième lettre aux Corinthiens, le célébrant a rappelé que les ministres portent ce trésor divin « comme dans des vases d’argile ». L’évangile de Matthieu, illustrant les ambitions de pouvoir des fils de Zébédée, a servi de trame pour mettre en garde contre les tentations de l’autoritarisme, du carriérisme et des disputes égoïstes. Même les douze apôtres, malgré leur proximité avec le Christ, n’étaient pas exempts de défauts, comptant parmi eux des tempéraments fougueux, des lâcheurs ou des incrédules. Cette évocation appelait non pas à justifier la faiblesse, mais à susciter l’humilité et la conversion nécessaires pour bâtir une véritable communion.
Pour y parvenir, Mgr Anoumou a formulé une prière articulée en trois supplications fondamentales. La première, « Seigneur, guéris-moi », est un appel à être restauré de ses blessures, de ses frustrations et du refus de pardonner. La deuxième, « Seigneur, délivre-moi », vise à repousser la tentation asociale de la volonté de puissance et les manigances de la division. Enfin, « Seigneur, donne-moi » implore la grâce du pardon et de la maturité. L’évêque a affirmé que « la maturité est quand vous apprenez à laisser aller, même si cela fait mal ». Il a ensuite convoqué la sagesse de Mère Teresa : « Si tu fais le bien, on t’attribuera des intentions égoïstes… Cela n’a pas d’importance, fais le bien quand même ! ».
L’unité demeure le chantier prioritaire de l’année pastorale 2026-2027 à Lokossa, placée sous le thème : « Agissons dans le même Esprit ! ». Faisant écho aux mots du Pape Léon XIV prononcés récemment à Accra, l’évêque a exhorté son auditoire à « marcher ensemble » en veillant à n’exclure personne. Il a appelé les jeunes prêtres à choisir résolument la joie, reprenant les mots du Pape François : « J’ai décidé d’être heureux ». Il a souligné que cette décision n’implique pas une vie sans obstacles, car « être heureux, ce n’est pas avoir un ciel sans orage, une route sans accident, un travail sans effort, une relation sans déceptions ». Alors que la célébration s’achevait sous les acclamations de la foule, les nouveaux prêtres ont été envoyés en mission.
Ceux qui n’ont pas pu faire le déplacement ont la possibilité de revivre l’intégralité de cet événement mémorable en différé sur la chaîne YouTube de la structure diocésaine.
Lis l’intégralité de l’homélie ici
Homélies et Retraites spirituelles – Diocèse de Lokossa
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